November 2008
Si il y'a un truc que je n'aime pas au Canada, c'est leur manie des alarmes incendies qui se déclenchent tout le temps, et leurs détecteurs de fumées au plafond, les sprinklers et les haut-parleurs criards qui vont avec. Yurk. Non. Fuck.
A Calgary, je n'aimais pas les alarmes incendies à 6h du mat', surtout pour se retrouver en tong par -40°C.
A Montréal, dans ma résidence, les alarmes sonnent pendant la journée, à cause des ouvriers qui font des travaux (longue histoire). Résultats des courses : quand ça sonne à 8h du mat', ou à 14h, plus personne n'a envie de se bouger de son appart pour descendre dehors. A force de crier au loup, plus personne n'a peur du loup…
Et puis à Montréal, parfois, ça sonne la nuit.
Septembre, 2h du mat'. Je dormais depuis déjà un moment, et le bazar commence à hurler (pas de voix nasillarde qui parle ici par contre). Je sors dans le couloir. Mon coloc' et moi nous nous regardons, et nous demandons si on est censé évacuer. Finalement, on se change, ou on s'emmitoufle et on descend nos escaliers (heureusement que je vis au troisième). On s'assoit sur le trottoir avec lassitude. On attend. Déjà 7 camions de pompiers (et attention, c'est les camions chromés comme dans les films américains hein !). Et puis on peut rentrer. Un gamin qui a fait cramer sa poêle à mon étage : c'est vrai que ça sentait le brûlé. Un mec bourré s'est mangé une porte en descendant les escaliers, la moitié des résidents n'ont pas évacués, bilan : les pompiers pas contents, mais pas contents du tout, les soldats de feu (et on les comprends).
Et là, 16 novembre, 1h du mat'. Déjà, il fait -5°C la nuit, c'est déjà plus énervant. Et puis il a plu toute la journée. On descend, bon gré mal gré (le jour, on attends que ça s'arrête, la nuit, on sort parce qu'on ne sait jamais). Sortie coté cour, je suis en flip flop dans une marre d'eau, mon pantalon de pyjama qui traine par terre est trempée, j'ai froid, je veux mon lit. On fait le tour du block pour aller coté rue. 3 camions de pompiers. On attend. L'évacuation continue, des étudiants bourrés sortent, bouteilles de vodka et de bières à la main. Un pompier me fait signe que c'est fini, j'entraine mon coloc' et on retourne se coucher sans demander nos restes. 3 alarmes d'appartements avaient été déclenchés sur les étages de McGill. Je me change de pantalon de pyjama, enlève ma doudoune, mon hoodie et dodo.
16 novembre. 1h30 du mat'. 5 minutes que j'étais au lit, nouvelle alarme incendie. Debout, j'enlève mes chaussettes rose, enfile mon hoodie, ma doudoune, embarque mon téléphone, et amorce ma descente en bas. Je décide, trop fatiguée, de me poser dans un des fauteuils du hall d'entrée. Endroit stratégique près de la porte. La cavalerie arrive de nouveau. Ainsi que le co-responsable de l'immeuble, Greg, prévenu par le gardien (Greg vit dans l'immeuble où je devais habiter avec Denis…). Cette fois-ci, c'est une alarme de palier qu'on a volontairement déclenché. Les pompiers pas contents, encore, la police arrive, et tout le monde est énervé. Quant à moi, j'ai senti l'angoisse monter, je ne pouvais plus respirer, je me suis crispée, j'ai eu très mal dans la poitrine, aux poumons, c'était un poignard que j'avais enfoncé. Mes colocs arrivent. Greg me voit, et appelle le 911. Alors voilà les Paramedics qui arrivent pour moi. Encore. Ils restent avec moi, le temps d'arriver à me calmer, à me faire respirer, etc… Je suis remontée chez moi à 3h30 du mat'. Quelques minutes après, Anatole et Edson revenait de leur potluck, et passait devant l'ambulance dans laquelle j'étais. Cet après-midi, je suis passé leur demander s'ils étaient là cette nuit, pendant les alarmes. Ces deux compères m'ont dit que non, qu'ils étaient rentrés, et avaient juste vu une ambulance garée devant l'immeuble.
- Anatole : "Huhu, y'a encore un mec qu'à du faire un coma éthylique, y'avait une ambulance, quand on est passé devant avec Edson, on s'est trop foutu de la gueule de la personne qu'était dedans !"
"C'était pour moi l'ambulance."
- Edson et Anatole (en choeurs) : "Ah merde !"
Bande d'enfoirés.
Réveil le lendemain à 11h, alors quand Maman attaque dès 12h sur la traduction de Ballet Shoes (je sous-traite ma révision à Mam'), forcément, je ne suis pas du tout d'attaque. Le chapitre 1 est terminé.




