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Thursday
August 2008

"C'est le commencement de la fin".

Cela ne devait être qu'un simple week-end familial dans le Nord. Aller à Gravelines, voir le fort, la place et le beffroi, naviguer sur les canaux, manger des frites, des moules, passer des écluses et écluser. La soirée à la Bistade, saluer les pêcheurs sur la rive. Avec Mama et ma tante, on avait mis Abba sur l'iPod, et on avait dansé, dans la calle, dans les 3m² entre la descente et le carré. On a rigolé avec la barre, nous, les Dancing Queen's W. On a campé sur le bateau, été réveillés par la pluie et désillusionnés de voir la boulangerie fermée. Et puis le soleil est revenue avec La Gadoue de Petula Clark. On a navigué et on s'est amarré pour le déjeuner.
Dans l'après-midi, le téléphone a sonné. Mon oncle au téléphone, bouleversé, paniqué.

Mon cher Grand-Père vient d'être évacué à l'hôpital, à Redon. De retour à Paris, le cœur serrée, l'esprit inquiet. Le soir, le téléphone sonne. On vient d'appeler Yves pour lui dire de venir, que ce n'était pas bon. Il ne passera sans doute pas la nuit. Deux maisonnées se couchent en larmes, et ne trouvent pas le sommeil. Les lignes de l'écran sont plates, il est 2h du mat'. Le lendemain, 8h30, sa tension est mieux, il peut même parler au téléphone. Arrivés à Redon, direction les Urgences, un défilé un par un dans sa chambre. L'esprit est là, mais le corps n'y est pas. Légér mieux à notre départ. On table sur le 20 aout, jour de son anniversaire. Ce serai tout lui. Et ce soir. Téléphone. Patatras. C'est pas bon, pas bon du tout. Demain matin, on aura peur du téléphone.

Grand-Père, mon Nonno, a 94 ans. Mardi dernier, il a fait 400 km pour aller dans sa maison en Bretagne. Grand-Père s'apprête à cirer ses pompes et à casser sa pipe, et je ne peux m'empêcher de trembler quand le téléphone sonne. Grand-Père a 94 ans, et va mourir. Bientôt. Lui dire adieu est la chose la plus dure que j'ai jamais eu à faire. Car mon seul vrai Grand-Père, je l'aime tant.

[Pour reprendre ses expressions : je le préfère entre deux draps qu'entre quatres planches...]

Written by Kensington Girl at 10:52 PM

Traces.

Les au-revoir sont souvent difficiles.

Soffiato da Kowalsky on August 14, 2008 11:31 PM

- Kowalsky : C'est fini. 5h40, il est parti.

Soffiato da Mélis. on August 15, 2008 10:59 AM

Tu connais la chanson d'Axelle Red : Un ete pour rien ??
Chaque fois que je l'ecoute, mon coeur se serre ca elle sembe etre ecrite pour ma grand-mere qui a 95 ans et est veuve de guerre. Chaque jour, depuis peu, je me dis que je dois rentrer en France pour la serrer dans mes bras une derniere fois .......mais je crains peut etre inconsciemment de declencher le processus du depart si je rentre. Meme extremement age, on a du mal a envisager leur depart, et sache que ton grand-pere t'a fait un cadeau magnifique en te donnant l'opportunite de lui dire au aurevoir. Tu etais la, c'est le principal. Bon courage dans cette epreuve.

Laurence.

Soffiato da Laurence on August 16, 2008 02:39 PM

Mes sincères condoléances pour ton grand-père.

Soffiato da Nyarla on August 17, 2008 08:46 PM

Chère Mélis.,

L'a-dieu est une douleur que n'efface pas la douceur des souvenirs.

Au début.

Viendra le temps de la valse triste, de douceur et de douleur.

Plus tard.

Le vide du manque est soluble dans l'amour rappelé, mais c'est si difficile !

Prend soin de toi et des tiens.

Soffiato da Jar0d on August 21, 2008 12:00 PM

- Laurence : Tu sais, plus je réfléchis, plus je me dis qu'à leurs âges, c'est eux qui se sentent partir, et qui, en quelque sorte, décide du moment où ils arrêtent de lutter intérieurement pour faire fonctionner la machine de leur coeur, de leur corps.
J'ai regretté de ne pas vivre à Maisons-Laffitte, comme le reste de la famille, et de ne pas voir Grand-Père toutes les semaines comme mon cousin qu'il a elevé, et ma cousine dont le père adoptif est son fils mort avant lui. Eux sont tous près de lui, et nous cinq, au Perray en Yvelines, je me sens si loin. Aujourd'hui, il est parti. J'ai eu beau lui téléphoner tout les jours et le voir au moins 3 fois par an, je me sens coupable.

Je ne pourrais te dire qu'une chose. Appelle ta grand-mère, appelle là, tout le temps, et vas-y, même si c'est loin la France, parce qu'après, il sera peut être trop tard...

Et surtout, même si ça parait la pousser dans la tombe... Dis lui de mettre ses affaires en ordre et d'aller chez le notaire.
Crois-moi, un héritage, une succession déchire et détruit les familles. (Et quand on a l'oncle que j'ai... Je te dis, c'est caca. Grand-Père disait "Je m'en fiche, toutes façons, je ne serais pas là pour voir ça", et finalement, on est tous embêtés).

Voir Grand-Père, même si faible, à l'hopital, et pouvoir l'embrasser, lui tenir la main, les larmes aux yeux, c'était dur, mais quand je vois mon cousin qui n'a pas eu cette chance, c'est encore plus dur.
Je suis si fière de Grand-Père qui a été si courageux jusqu'au bout, alors je me dois de l'être pour lui aussi.

[Et profites bien de ton bébé d'amour qui vient de rentrer dans ton foyer. Lui, il t'a manqué, et tu dois bien le caliner j'imagine ;-) ]

Merci, tant, pour tes mots doux. Ca réchauffe.

- Nyarla : Merci beaucoup mademoiselle.

- Jérôme : Caro amico,
si tu savais à quel point je le sens vivre à travers nous tous. Il suffit de nous voir, nous sa famille, qui avons tant de lui à l'intérieur de nous. Il me manque mais je me souviens de tout. De ses doigts, des deux alliances qu'il n'a jamais quitté, des photos de Grand-Mère, et de sa boite à gâteaux que mon cousin et moi adorions. De ses Natale passés à ses cotés, des verres que nous faisions gentils, de son esprit, de ses jeux de mots. Et être dans sa maison, de voir son fauteuil moche, sans lui, c'est violent, ça retourne le coeur. Savoir qu'il n'est pas là, et qu'il n'y sera plus jamais, ça me tue. Brain, c'était chez lui. Là où il est né, là où il est mort.

Merci pour tes gentils mots, ça me fait du bien.

Soffiato da Mélis. on August 25, 2008 04:54 PM

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Soffiato da ifraqe on September 22, 2008 12:09 AM