November 2007
Depuis quelques jours, plus je lis le Figaro, le Monde, et les news sur Yahoo!, plus je regarde le journal 20H de David Pujadas sur TV5 Monde (chez moi, le journal, il est diffusé à 16h30 - l'heure du goûter) je ne peux m'empêcher de penser à quel point je suis chanceuse, et à quel point je suis contente d'être au Canada.
Ici, tout va bien. On étudie, on étudie, on étudie, on n'a jamais de vacances (ah si 2 jours là, censée être dédiés à lire tout les chapitres et livres qu'on a pas eu le temps - mais pour les étrangers, ça veut dire vacances), on étudie, on étudie, on lit, beaucoup, beaucoup, beaucoup, et on écrit, et on débat.
En clair, on ne chôme pas. Mais pas du tout. Entre les mid-terms et les finals (comme en France en ce qui concerne mon uni), et les assignments, les report papers, les papers, et les cours où il faut participer.
Je travaille. Dur dur dur. Mais je ne me plains pas vraiment. J'aime travailler.
Je suis contente d'avoir cours. Quand en 2006, je suis restée chez moi durant 8 semaines pour cause de blocage aux Tanneurs, et d'AGs où je me serais sans doute fait jeté vu mes positions à l'époque, je n'avais qu'une envie, c'était de faire mes études en Amérique et encore plus qu'avant. Maintenant que j'y suis, et que je peux travailler, et dans de très bonnes conditions (des biblio ouvertes le dimanche jusqu'à minuit, et des salles infos ouvertes jours et nuits), sans grève, dans des locaux, et propres, et modernes, je ne me plains surtout pas. Au contraire même, j'en redemande, encore et encore.
[Et je veux les toges et les chapeaux cons, aller à la Convocation, et poser devant le fronton en montrant mon diplôme, entourée de Papa et Maman, que la photo finisse sur la cheminée, sur le buffet, chez Grand-Père]
C'est pour ça que je n'ai aucune envie de faire mon Master de Traduction en France (même si il y'en a de très bon), regardez donc les universités bloquées : celles qui m'intéresserai le sont. Alors vive les unis de Montréal. Je veux aller à Montréal, rester au Canada, même si mon amie québécoise est en faveur de la grève étudiante, je peux vous dire qu'ils font pâle figure comparés à nous, français, les professionnels de la grève.
Je compatis, avec mes ami(e)s, qui eux ne peuvent pas étudier, tout ça à cause d'une poignée de personnes croyant être légitimes. Pourquoi ils ne l'ont pas dit qu'ils n'étaient pas d'accord en mai, quand il y'a eu les négociations ? Ils étaient bien là non ? C'était à ce moment là qu'il fallait faire grève non ?
Ici, à Calgary, on peut voter pour nos représentants étudiants, (et pour ceux qui nous organisent des fêtes) sur notre PeopleSoft (logiciel très merdique au demeurant). Pourquoi ne pas développer ce genre d'applications en France. Au moins, personne ne pourrait saboter ces votations-là ?
Et puis ici, les services de santé sont formidables. Tout comme l'uni.
Hier soir, pas très bien, j'appelle Arthur, qui en moins de deux arrive. Entre temps, j'étais déjà plus bien.
Le voilà qui appelle le 911, descends les chercher en bas, et voilà 2 paramedics qui débarque dans mon salon pour prendre soin de moi, en train d'étouffer, et de trembler, complètement crispée et raide comme un mort.
Ces deux gentils messieurs s'occupent de moi, et reste jusqu'à ce que je me sente à 100% bien. Sinon, transfert à l'hôpital Foothills, dans la camionnette qui m'est si familière en France. Pendant qu'un s'occupe de moi, l'autre me branche des électrodes aux bras et aux pieds, un tensiomètre et un truc à bout du doigts. Et aussi, il demande les documents d'identité, et savoir également si on a une couverture sociale ici.
(En France, on est réputé pour avoir le système de santé le meilleur au monde, c'est véridique).
Une fois la décharge signée : "Vous ne voulez pas aller à l'hôpital, n'allez pas nous faire un procès parce que nous, on voulait vous emmener", les messieurs s'en vont, en vous faisant promettre d'appeler le 911 si besoin. Et voilà qu'entre une personne du "Campus Security" accompagné d'un "Residence Life Coordinator" qui sont de garde. Ils demandent votre nom, votre numéro d'étudiant, si vous vous sentez mieux, et vous donnent le numéro de téléphone du Residence Life Coordinator de votre immeuble, qui pourra vous aider à obtenir un rendez-vous chez le médecin, vous dire où trouver les services de santé. Et le lendemain, le RLC vous appelle pour prendre de vos nouvelles. C'est du 4-étoiles ici à l'université de Calgary et au Canada.
oh que oui
100% d'accord
ma meilleure amie qui est en master à LyonII me résume assez bien la situation
"tu bloque et tu fais la grève ou on te pète la gueule!"
-_-
Soffiato da Tangee on November 14, 2007 07:13 AMc'est cool de voir que meme dans les moments difficiles, il y a des gens sur qui tu peux compter dans ton uni. désolé j'ai plein de trucs à te raconter. merci pour le sms ca ma fait super plaisir. je t'ecris des que je peux.
ciao ciao
- Tangee : Tu vois, l'uni de lettres à Orléans, les campus de Lyon 2 et 3, et ben c'est mort pour moi. C'est exactement ça.
[Alors vive les Masters au Canada, on aime la France, mais faut pas déconner non plus]
- Else : Je me dis que j'ai de la chance qu'il fut là, quand j'avais besoin de lui. (Parce qu'i aurait appelé le 911 à part lui).
Ecrit quand tu peux, je sais que la vie, elle va vite parfois. Je suis contente que tu l'ais reçu... Ti adoro. Baccio baccio, ciao ;-)
Soffiato da Mélis. on November 15, 2007 01:30 PM:) Mi fai sorridere.
M'enfin oui à Montréal ont fait la grève aussi cette semaine. Surtout les uqamiens. Mais ça reste quand même très soft. Genre on se fait un sit-in lecture en silence devant la grande-bilbiothèque. Dommage juste qu'il pleut, pleut, et repleut, et qu'il fasse trop froid. Mais bon, on nous dit *sauvons l'éducation*. Donc forcément hein.
Lissa, en grève depuis 9 jours.
Soffiato da Lissa on November 15, 2007 10:37 PM- Lissa *contenta* per il soriso ;-)
Les grèves, c'est quand même quelque chose. Papa me disait qu'à Paris, il y'a eu une manifestation contre les grèves qui scandait "Liberté d'étudier" "Stop la grève" "Les cheminots au boulot" (ma préférée). Tu veux que je te donnes un cours de sauvagerie, de "Mai-68" pour te raconter comment certains montent des barricades comme il y'a 40 ans ?
En parlant d'études. Je suis en train de bien m'avancer dans mon travail, pour avoir du temps avec toi. Puis je t'aiderais à réviser si tu veux ;-)
[Dis, dis, cara, si je suis sage, tu pourras m'emmener visiter Concordia ???]




