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Sunday
March 2006

Wondering why she cries sometimes.

Tu sais, parfois j'évite de répondre quand tu me poses ce genre de questions.
Je sais. Tu veux juste comprendre. (Peut être) tu voudrais m'aider. Je sais.

C'est juste que moi, je ne sais pas.
Je ne sais pas comment te l'expliquer.
Je n'aime pas le coté (Cosette) que ça me donne. Tu vois, ce ton larmoyant…
Je ne sais pas comment te faire comprendre ce que je ressens.
Parce que tu ne l'as pas vécu. (Entre autres). Et quand bien même tu l'auras vécu.
(Ce que je ne te souhaite pas, mais jamais jamais).
Tu ne comprendrais pas complètement. Puisqu'on ressent tous les choses si différemment.

Souvent, quand on me demande si "Ca va ?", je réponds que ça va, pour éviter les pourquoi's.
C'est tout simple, on gagne un temps précieux. Et on évite de partager l'inexplicable, l'inextricable.

Parce que y'a cela aussi.

Ne me regarde pas.
Je ne veux pas que tu me vois comme ça.
Ne me regarde pas.
Je ne veux pas que tu souffres parce que j'ai mal.
Ne me regarde pas.
Je ne veux pas que tu sois triste à cause de moi.
Ne me regarde pas.
Je ne veux pas que tu te demandes pourquoi.
Ne me regarde pas.

Tu veux m'aider ?
[Me rendre heureuse. Aime moi.]
[Je ne demande que ton amour finalement.]
[Je te demande juste de m'aimer.]
[Aime moi. Juste ça.]
Tu veux m'aider ?
(Essaye de) Prendre ma douleur.
(Et essaye de la) Remplacer par du bonheur.

J'ai un peu peur, même beaucoup, très, de t'expliquer pourquoi.
Parce que même parfois, je ne sais pas répondre à mes propres pourquoi.
Je ne sais pas pourquoi j'ai mal, pourquoi je souffre parfois.
Le matin, on se réveille, et on sait que ça n'ira pas.
Même en y mettant de la bonne volonté.
On se dit que non, ça n'ira vraiment pas.
La fin de la journée arrive. Et oui. Effectivement.
On constate amèrement, douloureusement, que.
L'hypothèse quasi certaine du matin s'est transformée.
En un fait avéré, vérifié, constaté, prouvé, obligé la nuit tombée.
Le matin, on se réveille, et on a de la tristesse dans la tête.
De celle qui est comme une brume épaisse.
De celle qui ne s'efface pas.
Même en mettant du blanco-tipex dessus.
Ca reste en dessous.

Puis je ne sais pas si tu le comprendrais, tout ça, et moi, qui suis tellement effrayée de prendre le bus.
Parce que je ne me comprends pas moi-même parfois. Pourquoi je suis comme ça.

Là j'ai mal pour une raison bien précise.
Et cette raison là, je ne peux pas t'en parler à toi.
(Puisque tu en es un tout petit peu la cause).
J'ai mal pour ça, et puis pour autre chose, mais beaucoup plus fort.
L'autre chose, c'est une douleur de fond, un mal de fond, quelque chose de résiduel.
J'ai des cailloux dans le cœur, et ça pèse lourd, tellement j'ai mal.
J'ai ces boules au fond de la gorge qui ne s'en vont pas.
J'ai mes mains, et ma jambe qui tremble toujours.

Comment te dire ça.
Avec. La voix. Qui se brise.
Avec. Les yeux. Qui s'emplissent de larmes.

Et aussi. J'ai peur que tu ne me comprennes pas.
C'est ce que tu m'as dit un jour, ce sentiment de solitude, et d'incompréhension.
Tu sais, ce décalage, ce déphasement. Je suis trop jet-lag, (du reste) du temps. Si souvent.

Et puis il y'a de ça. Ca aussi.
Cette espèce de vide intérieur, ce grand vide, comme si je n'étais juste qu'une enveloppe.
Un manque, de quelqu'un, et un manque, de vie, aussi. Etre vide, c'est ça je pense.

Et il y'a aussi la sensation de n'être rien, de n'avoir rien accompli, et de ne pas avoir sa place.
Que ce soit dans ma famille, dans ma maison, dans la vie, dans un cœur. C'est aussi ça.
C'est ça que Jacklyn m'a dit, la dernière fois. Que je n'avais pas ma place. Elle a(vait) raison.

J'ai parfois du mal, beaucoup de mal à expliquer pourquoi ça ne va pas, pourquoi je suis si mal, pourquoi je souffre, pourquoi j'angoisse à l'idée de rencontrer quelqu'un que j'adore, pourquoi prendre le bus me panique, pourquoi la plupart des gens que je connais sont plus vieux que moi, pourquoi si, pourquoi ça, pourquoi j'en suis à faire couler le rouge, pourquoi j'en suis à avaler des pilules blanches, pourquoi je suis ce que je suis.
Pourquoi c'est si dur pour moi de voir des gens que je déteste, pourquoi Emmanuel s'asseyait en face de moi à la cantine chaque midi, attendant pendant près de 2h que j'ai fini d'avaler quelques feuilles de salade et un verre d'eau. Pourquoi moi, j'en étais au stade Nourriture contre Doliprane, quand en Iraq, c'est pétrole contre nourriture. Pourquoi moi, j'ai eu temps besoin d'avoir Andrea à mes cotés si longtemps. Juste Pourquoi.

Je n'aime pas en parler. Parce qu'au final, il y'a toujours ce ton larmoyant. (Limite Cosette).
Que je n'aime pas. Et puis que. C'est tout simplement parfois très inexplicable.

Pourquoi ça ne va pas, je ne sais pas, je me réveille, j'ai envie de pleurer, parfois avec raisons, mais d'autres sans raisons particulière. Je me réveille triste, mal, les boules au fond de la gorge, les mains qui tremblent, prête à tout quitter. Je souffre de ça, (entre autres) de ne pas trouver ma place…

Etre triste, si mal, (c'est un état général), ça ne s'explique pas toujours, tu sais.

Respirato da Mélisande at 10:24 AM

Traces.

Va falloir que tu trouves confiance en toi un de ces jours tu sais.

Soffiato da kowalsky on March 19, 2006 06:59 PM

- Kowalsky : Oui, un jour oui, quand j'aurais son coeur, j'aurais peut être confiance en moi.. Un jour..

Soffiato da Mélisande on March 20, 2006 11:05 AM

Malheureusement, la confiance en soi ne se trouve pas, elle se construit... On doit soi -même trouver les matériaux, et si le fournisseur est pourri...
**Achète - toi une carte du tendre?**

(Le théatre, ça m'a construit une bulle intérieure toute solide, maintenant je sais prendre le bus sans avoir peur des gens.)

Soffiato da mijie on March 20, 2006 07:45 PM

- Mijie : C'est rien qu'une histoire de fondations la confiance en soi alors ?
Et c'est vrai qu'un bois rongé par les mites, ça aide pas mais pas du tout, comme l'armement du béton, si c'est rouillé, ça s'effondre.. [C'est quoi la carte du tendre ?]

[Moi, c'est l'art, et mon *mp3* qui me font une bulle assez épaisse.
J'ai pas peur des gens dans l'bus, vu que je prends le métro, mais j'ai juste peur du bus, des bruits, des arrêts.]

Les bulles, c'est vraiment génial hein :-)

Soffiato da Mélisande on March 20, 2006 08:54 PM

La carte du tendre? tu veux vraiment tout savoir? Les Précieuses du 17ème avaient inventé cette carte, décrivant tous les sentiments, la passion étant le sentiment à proscrire pour ne pas se perdre soi même, le sentiment idéal auquel elles aspiraient étant le tendre, la tendresse. On doit pouvoir l'adapter au 21ème siècle?Pratique, quand on ne sait pas trop ce qui se passe en nous, sorte de GPS à sentiments...

[ma bulle à moi, maintenant, elle sait même disparaitre, mais je la ressors en temps de pluie / d'orage :) c'est fichuement pratique]

Soffiato da mijie on March 20, 2006 09:07 PM

- Mijie : Il me faut une carte du tendre! J'ai les phares au xénons accrochés sur le coeur, alors j'ai absolument besoin d'un GPS à sentiments. *caprice*

Soffiato da Mélisande on March 20, 2006 11:01 PM

allez vas y, tape du pied!
** et éventuellement, check ici http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/tendre.html **

Soffiato da mijie on March 20, 2006 11:37 PM

Attention cependant avec la Carte du Tendre, il n'y a qu'un seul bon chemin, tous les autres mènent à la perdition.

De plus, il faut faire preuve de constance et avoir une ligne de conduite irréprochable en toutes circonstances pour arriver à ses fins.

***
Et puis les mites ne rongent pas le bois, ce sont les termites. ;)

Soffiato da kowalsky on March 21, 2006 12:21 AM

- Mijie : Merci bien :)

- Kowalsky : Le tout est de bien s'en servir. Et ça se mérite. Attendre le bon moment alors :)

*blonde* [Ah vi, les mites, c'est les vetements, c'est vrai ;)]

Soffiato da Mélisande on March 21, 2006 11:14 AM

"Le matin, on se réveille, et on sait que ça n'ira pas."

Et un soir tu t'endors en te disant : mais... depuis trois jours, ça va.
Et ça fait peur.
D'un coup il y a comme une montée de "ça ne va pas", comme pour remettre les choses à leur "place".
Mais ça va. Oui, ça va.
Même si tu sais que c'est fragile, ça va.
Même si tu sais que tu connais les "ça ne va pas", là, ça va.
Et tu respires. Enfin.
Tu respires, oui.
Parce que tu commences à trouver ta place.

Soffiato da [sarah] on March 21, 2006 10:08 PM

- [sarah] : Tu en dis des choses vraies.. Y'a beaucoup de ça, infine..
Ca fait du bien, d'entendre des choses comme ça.
Tu me laisses *wordless*, mais tellement plus légère...

[J'en avais besoin de tes mots doux. Juste grazie mille Melle Dolcèzza...]

Soffiato da Mélisande on March 22, 2006 02:38 PM