January 2006
Y'a toute cette frénésie qui me manque, ce grand rush, cette agitation, celle de folie, parce que vite, on a nos évaluations, il faut boucler en catastrophe les TP's, caler une typo, puis tout découper, cutter-er, coller, scotcher, agrafer, bruler, déchirer, en vaporiser, et puis surtout, assembler les croquis, les recherches, les dessins, les notes, les calques, les brouillons, les photos, les comptes rendus d'exposition, et les fiches artistes, et puis tout assembler, ensemble. 4 fois par an, il le fallait, c'était cette grande course, qui me bouffait mon temps mon énergie, qui me faisait rester en place devant mon Attila, ou mon Lustucru presque 24/day, les yeux rougis, une tasse de Nosibey très sucré, un fluo bleu, parce que j'ai toujours eu des fluos bleus, à barrer la liste qui s'allongeait, parce que quand on avait fini, on découvrait un autre truc à rajouter dans le dossier aussi, et puis le bruit de la musique, qui essayait de couvrir celui de l'imprimante qui marchait en continue, et chercher partout un classeur transparent, et les feuilles de couleurs Ikea, à trouilloter, la cover du dossier à préparer, vite lancer InDesign, passer encore du temps à caler un bloc image ici, et un bloc texte là, redimensionner l'image traficotée quelques minutes plutôt, ajuster la couleur, à puis tout ça, les matins, lui envoyer un mail avant de partir pour lui dire que "I'm okay, j'ai survécu, c'est enfin fini, merci d'avoir pensé que c'était cette période là, et de m'avoir envoyé des emails, t'étais vraiment gentil avec moi tu sais" et partir, marcher, carton à dessin qui tient difficilement sous mon bras, ordi dans le dos, avec les bouquins, au 3° étage, et puis être assise par terre, sur ses grilles, juste avant de rentrer, dans la salle, de poser mon carton, mon sac à dos, enlever ma veste, manger un chewing gum Tornado à l'orange, et puis lever la main, pour que ce soit enfin fini. Ca, ça me manque, c'est idiot, mais ce stress, cette montée d'adrénaline, j'aimais.
Tout ce que j'ai, maintenant, c'est des devoirs sur les *Idioms*.
Arovane dans les oreilles, je suit l'odeur de Burberry dans le froid, et je me fait virer encore et encore.
Parce que je ne suis pas sur les listes, parce que j'ai changé de filière en cours d'année, je ne suis pas sur les listes.




